À quoi sert un humidificateur ? Il sert à ajouter de la vapeur d’eau dans l’air d’une pièce. L’humidité relative remonte quand l’air est trop sec, surtout en hiver à cause du chauffage. Nez, gorge, lèvres et peau sont soulagés, et l’électricité statique recule. Aucune maladie ne se soigne avec lui. Au-delà de 50 % d’humidité, ou s’il est mal entretenu, il devient contre-productif.
Rédigé par Abakar Alifa Abaicho, mis à jour le 26 octobre 2026. Sources consultées le 25 octobre 2026 : EPA, Santé Canada et une revue scientifique, liens dans le texte.

Sommaire
- À quoi sert un humidificateur ? Pourquoi l’air devient sec
- Ce qu’un humidificateur ne fait pas, et les précautions avant de l’installer
- La méthode pas à pas pour bien utiliser un humidificateur
- Adapter l’usage selon le type d’humidificateur et la situation
- Fréquence et entretien d’un humidificateur
- Erreurs fréquentes avec un humidificateur et problèmes persistants
- Limites : quand un humidificateur ne suffit pas, et quand le remplacer
- Questions fréquentes sur l’utilité d’un humidificateur
- Par où commencer avec votre humidificateur
Dès les premiers jours de chauffage, le scénario se répète. Gorge râpeuse au réveil, lèvres qui tiraillent, petites décharges en touchant une poignée de porte. L’air intérieur s’assèche, et l’humidificateur paraît la réponse évidente. Dans certains logements, c’est le cas. Dans d’autres, mal réglé ou mal entretenu, il fait plus de mal que de bien.
Cette page explique ce que fait un humidificateur, dans quels cas il rend service et quand il pose problème. Elle montre ensuite comment l’utiliser pour qu’il serve vraiment. Les repères chiffrés viennent d’organismes publics (l’EPA américaine, Santé Canada) et d’une revue scientifique sur l’humidité intérieure. Pour approfondir un sujet, des renvois mènent vers les autres pages du guide complet sur l’humidificateur d’air à la maison. Aucun produit n’est recommandé ici. Mieux vaut comprendre à quoi l’appareil sert avant de choisir lequel acheter.
À quoi sert un humidificateur ? Pourquoi l’air devient sec
Ce qui assèche l’air chez vous
L’air froid du dehors contient très peu de vapeur d’eau. Une fois chauffé à l’intérieur, il peut en retenir davantage. Mais la quantité réellement présente n’a pas changé, donc l’humidité relative chute. Voilà pourquoi les logements bien chauffés deviennent secs en hiver. L’air frais qui entre par la fenêtre ouverte est lui-même sec. Aérer reste utile pour renouveler l’air, sans corriger ce déséquilibre.
Le corps donne l’alerte avant l’hygromètre. Gorge sèche, yeux irrités, soif la nuit, maux de tête : un signe isolé ne prouve rien. Poussière qui revient vite, étincelles d’électricité statique : plusieurs signes réunis évoquent un air trop sec. Reste à le vérifier. Sous 40 %, l’air est généralement jugé trop sec. La zone de confort se situe plutôt entre 40 et 60 %, des seuils que détaille la page sur le taux d’humidité idéal.

À quoi sert un humidificateur, concrètement
Un humidificateur transforme de l’eau liquide en vapeur ou en fine brume, puis la diffuse dans la pièce. L’humidité relative remonte, et l’air irrite moins les muqueuses. Selon l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA), il soulage la sécheresse du nez, de la gorge, des lèvres et de la peau. Il atténue aussi les nuisances du chauffage hivernal : électricité statique, papier peint qui se décolle, fissures dans la peinture et les meubles. Les définitions et les mécanismes se trouvent dans les pages qu’est-ce qu’un humidificateur d’air et comment fonctionne un humidificateur d’air.
Côté santé, une revue parue dans Environmental Health Perspectives relie l’humidité relative aux infections respiratoires et aux allergies. Elle situe entre 40 et 60 % la plage qui minimise la plupart des effets défavorables. Plus haut, acariens et moisissures prospèrent. Les acariens sont les moins nombreux sous 50 %. La plupart des champignons ne se développent pas tant que l’humidité reste sous 60 %. Il ne s’agit donc pas d’ajouter le plus d’eau possible, mais de viser la bonne plage.
Il rend le plus de service là où l’on reste longtemps, comme la chambre ou le bureau, en saison de chauffage. Encore faut-il que l’hygromètre confirme une humidité basse. Ailleurs, il apporte peu. Un logement déjà humide, avec de la buée sur les vitres ou des traces de moisissure, n’en a aucun besoin. Il lui faut de la ventilation.
Ce qu’un humidificateur ne fait pas, et les précautions avant de l’installer
Ce que la vapeur d’eau ne règle pas
Un humidificateur n’épure pas l’air : il y ajoute de l’eau, rien d’autre. Poussières, polluants et odeurs restent en place, et la ventilation demeure nécessaire. Il ne soigne pas non plus un rhume ou une toux. Au mieux, il rend l’air moins irritant pour des voies respiratoires sensibles. Pour savoir s’il vous est utile, lisez l’article sur les situations où un humidificateur est vraiment utile. Il met avantages et limites côte à côte.
Le point sensible, c’est l’eau du réservoir. Les modèles à ultrasons et à rotor, dits à brume froide, peuvent disperser dans l’air des micro-organismes et des minéraux. L’agence américaine reconnaît que les effets sur la santé ne sont pas entièrement connus. Les jeunes enfants, les personnes âgées et celles qui souffrent de maladies pulmonaires ou d’allergies respiratoires y sont plus sensibles. Dans ces foyers, un avis médical avant de démarrer est la bonne précaution.
Quelle eau choisir pour un humidificateur
Les deux organismes nuancent. Côté américain, on privilégie une eau pauvre en minéraux, idéalement distillée. Elle limite le tartre et la poussière blanche. Les eaux « de source » ou « minérales » ne sont pas déminéralisées. Les cartouches de déminéralisation peuvent aider, mais leur efficacité varie beaucoup d’un modèle à l’autre. Une poussière blanche persistante montre qu’elles ne retiennent pas assez.
Santé Canada juge l’eau du robinet acceptable dans la plupart des cas. Il faut alors la changer et nettoyer souvent. L’organisme note aussi que l’eau distillée réduit nettement les particules rejetées. Avec un modèle à ultrasons, la distillée reste le choix prudent.
Les précautions avant la première mise en route
Lisez d’abord la notice. Le fabricant fixe le type d’eau toléré, les produits de nettoyage compatibles et le rythme de remplacement des filtres ou des cartouches. Procurez-vous ensuite un hygromètre, vendu en magasin de bricolage. Sans lui, vous réglez à l’aveugle.
Pensez aussi à la sécurité de base. Débranchez toujours l’appareil avant de le remplir ou de le nettoyer. Posez-le sur un support stable, loin des éclaboussures qui pourraient atteindre une prise. Un modèle à vapeur chaude se range hors de portée des enfants, car la vapeur et l’eau bouillante peuvent brûler.
La méthode pas à pas pour bien utiliser un humidificateur
Quatre gestes séparent l’humidificateur utile de celui qui encombre une pièce, voire dégrade l’air. Ils prennent peu de temps, mais mieux vaut les faire dans l’ordre.
Étape 1 : mesurer l’humidité avant d’allumer l’humidificateur (2 à 3 jours)
Posez l’hygromètre à hauteur de poitrine, loin des fenêtres, des radiateurs et de l’humidificateur, dont la vapeur fausserait la lecture. Laissez-le se stabiliser une trentaine de minutes. Notez ensuite la valeur matin et soir pendant deux ou trois jours.
L’humidité varie. Elle grimpe après une douche ou une cuisson, retombe après une aération et baisse quand la pièce se réchauffe. Comparer plusieurs moments de la journée évite de décider sur un chiffre atypique. Si vous possédez deux hygromètres, placez-les côte à côte une heure. Un écart marqué signale que l’un des deux dérive.

Quelle humidité viser avec un humidificateur ?
Pour la cible, les sources convergent sans se recouvrir. La revue scientifique cite 40 à 60 %. L’EPA demande de ne jamais humidifier au-delà de 50 %. Santé Canada conseille environ 50 % en été et 30 % en hiver pour prévenir les moisissures. Viser 40 à 50 % respecte ces trois repères dans la plupart des logements. Dans une maison mal isolée par grand froid, le bas de la fourchette convient mieux, car les vitres condensent plus tôt.
Voici comment traduire vos relevés en décisions :
- Sous 40 % de façon régulière : l’air est sec. L’appareil peut servir, avec un réglage bas pour commencer.
- Sous 40 % par moments (après une nuit de chauffage, par exemple) : un fonctionnement court et ciblé suffit.
- Entre 40 et 50 % : c’est la plage visée. Inutile de démarrer l’appareil, ou laissez-le tel quel s’il tourne déjà.
- Au-dessus de 50 % : c’est trop humide. Arrêtez l’appareil et cherchez l’origine de l’excès.
- Buée sur les vitres, quelle que soit la valeur : baissez le réglage ou déplacez l’appareil.
Étape 2 : choisir l’emplacement (5 minutes)
Installez-le sur une surface stable, plane et résistante à l’eau, un peu au-dessus du sol. Placez-le au centre de la pièce plutôt que contre un mur. Orientez la sortie de brume vers l’espace libre, jamais vers un mur, un meuble en bois ou un appareil électronique. Tenez-le à l’écart des rideaux, tapis et livres. La zone autour doit rester sèche, et les matières absorbantes (moquette, tentures, nappes) ne doivent jamais s’humidifier.
Pour la chambre, une précaution particulière s’impose. Santé Canada conseille de placer un humidificateur portable à brume froide dans un endroit central, hors de la chambre, surtout la nuit. Si vous tenez à l’y installer, gardez-le à bonne distance du lit, respectez la notice et surveillez l’hygromètre. La page dédiée à l’humidificateur pour la chambre développe ce cas précis.

Étape 3 : remplir, régler et lancer (5 minutes, puis quelques heures)
- Débranchez l’appareil, retirez le réservoir et rincez-le à l’eau claire.
- Remplissez-le d’eau fraîche, de préférence distillée, jusqu’au repère indiqué par la notice.
- Remettez le réservoir en place, rebranchez, puis réglez la puissance sur moyen ou bas. Si le modèle possède un hygrostat, fixez-le autour de 45 %.
- Laissez tourner quelques heures, porte fermée, puis relevez l’hygromètre.
- Montez ou baissez d’un cran selon l’écart avec l’objectif. Attendez de nouveau avant de retoucher le réglage.
Commencer bas évite de dépasser la cible. Ne modifier qu’un réglage à la fois permet de voir l’effet de chacun. L’humidificateur corrige un manque constaté, et le laisser tourner en continu par principe n’apporte rien. Collez une étiquette sur le socle avec la date du dernier nettoyage. Cela évite de se fier à sa mémoire un soir de fatigue.
Un hygrostat intégré lit l’air à proximité immédiate de la sortie de brume, parfois plus humide que le reste de la pièce. Comparez-le à l’hygromètre posé plus loin. En cas d’écart, fiez-vous au second pour juger l’ambiance.

Étape 4 : surveiller et ajuster au quotidien
Une fois la cible atteinte, deux signaux guident le réglage. L’hygromètre d’abord : quand l’humidité approche 50 %, baissez la puissance ou coupez. Les surfaces froides ensuite : buée ou gouttes sur les vitres, les murs ou les cadres demandent de déplacer l’appareil, de baisser son réglage ou de l’utiliser moins. Un fonctionnement par intermittence convient aux modèles sans hygrostat.
Chaque jour, quelques minutes d’aération renouvellent l’air. Chaque soir ou chaque matin, videz le réservoir, essuyez-le et remplissez-le d’eau fraîche. Santé Canada en explique la raison. Dans une eau laissée en place, des bactéries s’accumulent. La remise en marche peut les projeter, avec des spores, dans le logement.
Le réglage suit aussi la météo. Par grand froid, l’air extérieur est très sec et le chauffage tourne davantage, donc l’humidificateur est plus sollicité. Lors d’un redoux humide, il peut rester éteint plusieurs jours. Un réglage figé pour toute la saison mène souvent à un excès ou à un manque. Vingt secondes de lecture de l’hygromètre par jour évitent les deux. Si l’humidité dépasse 45 % pendant plusieurs jours alors qu’il est éteint, la saison est terminée pour cette pièce : videz, nettoyez et séchez.
Adapter l’usage selon le type d’humidificateur et la situation
Tous les modèles ne diffusent pas l’eau de la même manière, et leurs précautions diffèrent. La page sur les types d’humidificateurs les compare en détail.
Les quatre types d’humidificateurs et leurs précautions
Voici ce qui change l’usage au quotidien, d’après l’EPA et Santé Canada :
- À ultrasons : une brume froide est créée par des vibrations. C’est le type qui disperse le plus de minéraux et de micro-organismes. Il demande de l’eau distillée et un nettoyage fréquent. La page sur l’humidificateur ultrasonique détaille ses limites.
- À rotor (brume froide) : un disque tourne à grande vitesse. Les précautions sont les mêmes que pour les modèles à ultrasons.
- Évaporatif : un ventilateur souffle à travers une mèche ou un filtre humide. Il disperse peu de minéraux. Remplacez la mèche selon la notice et ne laissez pas l’eau stagner.
- À vapeur chaude : l’eau est chauffée. Il disperse peu de minéraux, mais la vapeur brûle. Gardez-le hors de portée des enfants.

Eau calcaire, modèle console ou foyer sensible
Avec une eau très calcaire, le tartre s’installe vite sur la plaque ou la mèche. C’est, pour l’EPA, la raison la plus sérieuse d’éviter l’eau du robinet dans les modèles à ultrasons ou à rotor. Le tartre peut en effet abriter des micro-organismes. Là où l’eau est très minéralisée, la distillée peut même revenir moins cher que les cartouches. Après une longue période sans usage, nettoyez l’appareil avant de le relancer, même rangé propre.
Les modèles portables ne forment qu’une famille. La fiche américaine distingue aussi les humidificateurs console, logés dans un meuble posé au sol, et les modèles centraux. Ces derniers sont intégrés au chauffage ou à la climatisation et humidifient tout le logement. Pour ces deux catégories, la notice fait foi pour l’entretien. La règle commune consiste à ne pas laisser l’eau stagner longtemps dans un réservoir.
Le choix de la technologie compte davantage dans un foyer sensible. La revue de 1986, ancienne mais cohérente avec les consignes actuelles, recommandait de préférer les appareils évaporatifs ou à vapeur. Les brumes froides peuvent en effet diffuser des aérosols chargés d’allergènes. La fiche américaine note de son côté que ces deux familles dispersent généralement moins de polluants. En cas d’asthme ou d’allergies chez l’un des occupants, l’avis du médecin guide le choix.
Un humidificateur pour bébé, pour les plantes, au salon ou au bureau
Pour un enfant en bas âge, la prudence passe avant tout. L’humidificateur pour bébé doit rester hors d’atteinte, avec une notice et un avis médical suivis à la lettre. Les plantes, elles, apprécient parfois une humidité supérieure à la plage conseillée pour les occupants. Ce compromis est traité dans l’article sur l’humidificateur pour plantes.
Dans un salon ou un bureau, les règles de placement et de mesure restent celles de l’étape 2, avec deux nuances. Dans une pièce ouverte sur d’autres espaces, l’humidité se répartit et un seul appareil peine à relever l’ensemble. Mesurez à l’endroit où vous séjournez, pas à côté de la sortie de brume. Au bureau, quelqu’un doit se charger du réservoir chaque jour, faute de quoi l’eau reste en place tout le week-end.
Fréquence et entretien d’un humidificateur
Le rythme à tenir
Les consignes de l’EPA pour les modèles portables tiennent en trois niveaux. Chaque jour : débrancher, vider le réservoir, essuyer toutes les surfaces et remplir d’eau fraîche. Tous les trois jours : nettoyer avec une brosse, retirer tartre, dépôts et film visqueux sur les parois, puis essuyer à sec. À chaque désinfection : suivre les produits recommandés par le fabricant. À défaut, utiliser une solution d’eau oxygénée à 3 % sur toutes les surfaces en contact avec l’eau.

Tout produit utilisé doit être rincé abondamment, en changeant l’eau plusieurs fois. Sinon, il part dans l’air à la mise en route. Filtres, mèches et cartouches se remplacent au rythme de la notice, pas « quand on y pense ». Le détail des gestes et des produits se trouve dans le guide pour nettoyer un humidificateur.
Les gestes et les produits à connaître
Pensez aux angles, à la base, au couvercle et à la zone de contact avec l’eau. C’est là que s’installent tartre et film visqueux. Un réservoir lisse au toucher, sans dépôt ni voile, indique un entretien suffisant. Une paroi qui glisse sous le doigt signale souvent un cycle trop espacé ou un rinçage insuffisant.
Une précision sur les produits : le vinaigre blanc, très souvent cité en ligne, ne figure pas dans les consignes de l’EPA. Celle-ci s’en tient aux produits du fabricant ou, à défaut, à l’eau oxygénée à 3 %. La notice de votre modèle indique ce que ses matériaux supportent. Sur un modèle évaporatif, la mèche ou le filtre toujours humide mérite autant d’attention que le réservoir. Ces appareils peuvent héberger des micro-organismes dès qu’un réservoir garde de l’eau stagnante.
Séchage et stockage de l’humidificateur
En fin de saison, ou avant une longue pause, nettoyez l’appareil comme l’indique le fabricant. Séchez chaque pièce complètement, jetez cartouches, cassettes et filtres usagés, puis rangez le tout au sec. Un réservoir refermé encore humide risque de ramener des dépôts noirâtres et une odeur de renfermé dès le premier hiver suivant.
À la reprise, nettoyez de nouveau, dépoussiérez l’extérieur et contrôlez le cordon, la prise et le joint du réservoir avant de remplir. Remplacez les pièces consommables prévues par la notice plutôt que de réutiliser celles de l’an dernier. Mieux vaut découvrir un défaut en octobre qu’en pleine vague de froid.
Erreurs fréquentes avec un humidificateur et problèmes persistants
Humidifier trop
L’erreur la plus courante consiste à laisser tourner l’humidificateur sans mesurer. Les signes se voient : buée sur les vitres, gouttes sur les murs, rebords humides, tissus moites autour du modèle. Au-delà de 50 %, acariens et moisissures trouvent des conditions favorables. C’est vrai surtout là où l’air est froid et immobile : vitres, angles de murs, arrière des meubles. Baissez le réglage, déplacez l’appareil ou passez en intermittence. Vérifiez ensuite que l’hygromètre repasse sous 50 %.

Poussière blanche et odeurs de renfermé
Un voile blanc sur le mobilier trahit des minéraux dispersés. Il vient en général d’une eau trop calcaire dans un modèle à ultrasons ou à rotor. Passez à l’eau distillée, éliminez le tartre du réservoir et de la base, et contrôlez la cartouche si l’appareil en possède une. Une odeur de moisi vient le plus souvent d’une eau restée en place. Videz, nettoyez, séchez, puis repartez d’une eau fraîche.
Pour savoir si l’eau est en cause, faites un essai de quelques jours à l’eau distillée. Si le voile disparaît, le robinet était responsable. S’il persiste, regardez du côté de la cartouche ou de la propreté du réservoir.
Les additifs relèvent de la même prudence. Huile essentielle, parfum ou désinfectant versé dans le réservoir ne se justifie que si la notice l’autorise. Tout produit de nettoyage doit être rincé avant le remplissage, sinon il finit dans l’air de la pièce. En cas de doute, l’eau seule reste la solution la plus sûre.
Bruit, résultats décevants ou symptômes qui persistent
Un souffle ou un gargouillis constants poussent souvent à débrancher l’appareil la nuit, ce qui en annule l’intérêt. Le niveau sonore se vérifie donc avant l’achat, comme l’explique la page sur l’humidificateur silencieux.
Autre cas courant : l’hygromètre ne bouge presque pas malgré plusieurs heures de fonctionnement. Vérifiez d’abord son emplacement, trop près d’une fenêtre ou d’un radiateur. Contrôlez ensuite la taille de la pièce par rapport à la capacité annoncée par le fabricant, ainsi que les portes laissées ouvertes sur des pièces non humidifiées. Si tout est en ordre, le modèle est peut-être sous-dimensionné. Mieux vaut alors changer d’appareil que le forcer en continu, ce qui multiplierait buée et usure.
Si une gêne respiratoire, une toux ou une irritation apparaît pendant les périodes d’utilisation, arrêtez l’appareil. L’EPA recommande de cesser l’usage et de consulter un médecin en cas de lien soupçonné avec l’humidificateur, même quand l’entretien est respecté. Respirer une brume chargée de ces polluants a été mis en cause dans un type d’inflammation des poumons. Santé Canada rappelle de son côté qu’un modèle mal nettoyé peut aggraver l’asthme et les allergies sévères.
Limites : quand un humidificateur ne suffit pas, et quand le remplacer
Quand la vapeur d’eau n’est pas la solution
Un humidificateur traite un manque d’eau dans l’air, pas un défaut du bâtiment. Peinture qui s’écaille, papier peint qui cloque, taches de moisissure ou buée permanente indiquent un excès d’humidité. La cause se trouve souvent dans une fuite, une ventilation insuffisante ou une isolation défaillante. Y ajouter de la vapeur d’eau aggraverait les choses. C’est la cause du problème qu’il faut chercher, avant même de penser à un appareil.
Réparer ou remplacer l’humidificateur
Côté matériel, certains signes justifient de remplacer l’appareil plutôt que de le réparer. Ce sont des critères de bon sens plus que de norme : réservoir fissuré, cordon ou prise abîmés, tartre impossible à retirer malgré un nettoyage correct, odeur qui revient après un entretien soigné, pièces de rechange introuvables. Dans ces cas, l’hygiène devient impossible à garantir, et la sécurité électrique passe avant l’économie.
Réparer ou remplacer dépend de la pièce en cause. Filtres, mèches, cartouches et joints sont des consommables, et les changer règle souvent le problème. Un boîtier fissuré, un moteur bruyant ou une alimentation défaillante relèvent plutôt du remplacement.
Une question mérite d’être posée honnêtement : avez-vous le temps de suivre le rythme d’entretien décrit plus haut ? Un appareil négligé fait pire que pas d’appareil du tout. Si la contrainte est trop lourde, un modèle plus simple à démonter vaut mieux qu’un entretien bâclé. Pour un manque léger, un peu de linge qui sèche dans une pièce aérée, souvent cité comme appoint, peut suffire.
Au moment de remplacer, repartez du besoin mesuré : surface de la pièce, humidité relevée, tolérance au bruit, facilité de nettoyage. Le guide pour savoir quel humidificateur choisir déroule ces critères dans l’ordre.
Questions fréquentes sur l’utilité d’un humidificateur
Un humidificateur soigne-t-il un rhume ?
Non. Il ne traite ni le virus ni la toux. Il rend simplement l’air moins sec, ce qui peut atténuer l’irritation du nez et de la gorge. Un appareil mal entretenu peut au contraire gêner la respiration. Si les symptômes durent ou s’aggravent, consultez un médecin plutôt que de compter sur la vapeur d’eau.
Quel taux d’humidité viser quand on utilise un humidificateur ?
Visez 40 à 50 %. Posez l’hygromètre là où vous séjournez, pas près de la sortie de brume. Attendez quelques heures après chaque réglage. De la buée sur les vitres indique que vous êtes trop haut, même si l’écran affiche encore moins de 50 %.
Peut-on remplir un humidificateur avec l’eau du robinet ?
Souvent oui, à condition de renouveler l’eau chaque jour, de nettoyer régulièrement et de surveiller les meubles. Si un voile blanc apparaît, passez à l’eau distillée, surtout avec un modèle à ultrasons. Ne choisissez pas une eau « minérale » pour éviter le calcaire. La notice de votre modèle a le dernier mot.
Un humidificateur est-il utile toute l’année ?
Rarement. Le besoin se concentre sur la saison de chauffage, quand l’air intérieur s’assèche. Le reste de l’année, l’humidité atteint d’elle-même la plage visée dans bien des logements. Plutôt que le calendrier, suivez l’hygromètre. Sous 40 % de façon durable, l’humidificateur peut servir. Au-dessus de 50 %, il reste rangé.
Peut-on laisser un humidificateur fonctionner toute la nuit ?
Seulement avec un hygrostat ou un arrêt automatique, et à distance du lit. Santé Canada conseille de placer les modèles portables à brume froide hors de la chambre pendant la nuit. Si vous le gardez, vérifiez le matin qu’aucune buée ne s’est formée sur les vitres. Videz et séchez ensuite le réservoir.
Un humidificateur purifie-t-il l’air ?
Non. Il ajoute de l’eau à l’air sans retenir ni détruire poussières, allergènes ou polluants. Selon l’EPA, les modèles à brume froide peuvent même y disperser des minéraux et des micro-organismes issus du réservoir. Filtrer l’air demande un purificateur. L’humidifier demande un humidificateur. Les deux fonctions ne se confondent pas.
Par où commencer avec votre humidificateur
Posez dès ce soir un hygromètre dans la pièce où vous passez le plus de temps. Quelques relevés suffiront à dire si l’humidificateur vous sert à quelque chose, quelle plage viser et à quel moment l’arrêter. Si l’air se révèle déjà dans la plage, vous n’avez rien à acheter. S’il descend nettement sous 40 %, vous saurez au moins quoi viser avant de comparer les modèles. Cette mesure évite les deux erreurs les plus fréquentes : humidifier un air qui n’en a pas besoin, ou dépasser 50 %.